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Tout désespoir en politique est une sottise absolue. CM

Nous sommes des Gallo-Romains...

26 Octobre 2013 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Maurras

6-54

"Le type Gaulois est parfaitement défini dans les tribus qui suivirent (ou ne suivirent pas) Vercingétorix, vers l'an 80 d'avant notre ère. Son type ressemble beaucoup au nôtre, mais il en diffère en quelques traits profonds.

 

Mais, cinq cents ans plus tard, on se trouve en présence d'une nation un peu pareille, un peu différente, pourvue de tous les caractères fondamentaux d'une nouvelle nation. Comme l'a fort bien dit Gabriel Hanotaux , à cette entrée de l'armée franque dans les Gaules, vers 420, « La France est prête, il ne lui manque plus que son nom ».

 

Sauf son nom, la France avait donc alors, tout ce qu'elle devait avoir. Elle préexistait à l'arrivée des Francs ; elle ne préexistait pas à l'arrivée des Romains. Il est donc faux de nous représenter, ainsi qu'a osé le faire Jean Gottlieb Fichte , l'ancêtre du Germanisme et du Nazisme, comme des Germains ayant renié leur idiome natal. Il est tout aussi faux de nous tenir pour des Gaulois purs, ayant seulement abjuré les idiomes celtiques. Nous sommes des Gallo-Romains.

 

 

Et cependant, tâchons d'en garder un sentiment très net et très fier. Avant César et ses légions, quelle belle et noble race couvrait déjà l'hexagone français !…

 

Et quel sang magnifique cette race Gauloise nous a légué !!

 

Je n'ai pas besoin de rappeler les vertus et les qualités du Gaulois classique :

 

 

- sa bravoure surhumaine, son goût des choses de l'esprit et celui de l'éloquence : « Rem militarem et argute loqui. » L'art de batailler et celui de bien parler,

- la générosité, l'enthousiasme, l'ardeur, la promptitude au risque, l'instinct de l'entreprise et de la conquête,

- une philosophie mystérieuse, mais initiée aux plus hautes spéculations des grands Sages de l'Égypte, de la Grèce et de l'Étrurie,

- une religion pleine de poésie,

- une poésie pleine de rêve,

- des rites farouches et gracieux ou sublimes qui allaient du sacrifice humain à la cueillette solennelle du gui sacré par la prêtresse en robe blanche armée de la faucille d'or,

- et, dans l'ordre naturel, un sérieux effort de défrichement à travers une vaste étendue de forêt, l'agriculture déjà savante et les industries primitives poussées fort loin.

 

 

Pour tout dire, le génie des races celtiques alliant aux charmes de l'imagination la plus riche et la plus apte au merveilleux,des puissances incantatrices du cœur, avec l'énergie héroïque, le sentiment et la science de quelques arts et des métiers subordonnés.

 

Bref encore, la vie osée hardiment, laborieusement par toutes ses voies, la mort affrontée sans trembler, les expéditions, les courses lointaines d'hommes généreux et violents, si braves qu'ils affectaient de ne craindre que la chute d'un ciel contre lequel ils épuisaient toutes les flèches du défi."

 

Pour un réveil français, Charles Maurras

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16 octobre 1793

15 Octobre 2013 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Histoire

Marie-Antoinette, 1775 - Musée Antoine Lécuyer

 

Ce 16 octobre, à quatre heures et demie du matin.

 

 

C'est à vous, ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moment. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants; vous savez que je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J'ai appris, par le plaidoyer mérite du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n'ose lui écrire ; elle ne recevrait pas ma lettre; je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra : recevez pour eux deux, ici, ma bénédiction.

 

 

J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer; que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur.

 

 

Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui, et son amitié pourront lui inspirer. Que mon fils, à son tour, rende à sa soeur tous les soins et les services que l'amitié peut inspirer : qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous ! Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolation ! Et dans le bonheur, on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami. Et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort.

 

 

J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine; par­donnez-lui, ma chère sœur; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès; mais outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide, que je n'en aurais réellement pas eu le temps.

 

 

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle ou j'ai été élevée et que j'ai toujours professée, n'ayant aucune consolation spirituelle et à attendre, ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion ; et même le lieu où je suis les exposerait trop, s'ils y entraient une fois.

 

Je demande sincèrement pardon à dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu vous causer.

 

 

 

Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant; qu'ils sachent du moins que, jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux ! Adieu, ma bonne et si tendre sœur; puisse cette lettre vous arriver ? Pensez toujours à moi; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que mes pauvres et chers enfants : mon dieu ! qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu! je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on 'amènera peut-être un prêtre; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.

 


Marie Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine, reine de France et de Navarre

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