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Tout désespoir en politique est une sottise absolue. CM

Articles avec #catholicisme tag

Les femmes mutilées par la Révolution

9 Octobre 2017 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Royalisme, #Histoire, #Catholicisme

 

Les représentations du corps en disent long sur les sociétés. Notamment sur la place qu’elles accordent aux femmes. Qu’en était-il sous la Révolution française  ?

Cette année, pour la première fois, un manuel scolaire offre un schéma de l’appareil reproducteur féminin scientifiquement correct. En question  : la représentation du clitoris. Cris de joie chez les féministes, le patriarcat est en train de tomber  ! Néanmoins, cette révélation anatomique n’est pas nouvelle  : les premières représentations correctes datent du XVIe siècle. Mais alors, où était passé le clitoris  ? Les courants d’histoire influencés par le marxisme nous ont conditionnés à croire que l’Histoire est une grande marche vers le progrès, conviction renforcée par la pédagogie à base des fameuses frises chronologiques. C’est évidemment faux  : l’Histoire est sinusoïdale. Le rapport au corps, et notamment celui des femmes, ne déroge pas à la règle. Car c’est là que se pose le problème qui nous intéresse  : comment et pourquoi a-t-on pu invisibiliser un organe aussi longtemps  ?

Un progrès, vraiment  ?

Un retour en arrière s’impose, pour nous projeter au XVIIIe siècle, au temps de la Révolution française. On nous la vend comme une période d’acquisition de droits, de progrès, de libération… Mais en parler en ces termes concernant la condition féminine, est-ce bien raisonnable  ? En vérité, à cette époque, on voit s’opérer un recul considérable des acquis de l’Ancien Régime, juridiques d’abord, mais qui affecteront durablement les mentalités. La redécouverte du droit romain et l’idéologie portée par les Lumières ont contribué a remettre la femme au placard. Elle est peu à peu exclue de la vie publique, évincée du monde politique. On revient au paradigme antique  : l’homme vit à l’extérieur, la femme à l’intérieur, transposition sociale de l’anatomie des deux sexes, alors qu’auparavant, les femmes se montraient, et la littérature libertine nous donne un aperçu imagé des connaissances anatomiques d’alors. Le XIXe siècle lui, devient un cache-sexe.

Ce rétropédalage a eu un impact considérable sur la représentation mentale du sexe féminin. De fait, la pudeur induite a torpillé les sciences. Le clitoris, organe du plaisir, est peu à peu oublié, recouvert par un voile de puritanisme. D’organe reconnu comme celui du plaisir, soupçonné d’avoir un rôle dans la procréation (l’orgasme a longtemps été considéré comme le déclencheur de l’ovulation), il devient un pousse-au-crime, chantre de l’onanisme. Son utilité n’est toutefois pas complètement oubliée, et l’une des consultations médicales les plus fréquentes au XIXe siècle consiste en sa stimulation à des fins thérapeutiques contre la neurasthénie et l’hystérie. Mais ce glissement plaisir-médicalisation rajoute au malaise entourant le sexe féminin.

Un voile opaque

Il faut néanmoins attendre la fin du XIXe siècle pour que cette invisibilisation soit quasi totale, avec la découverte des cycles menstruels, et la confirmation que le clitoris n’a aucun rôle dans la procréation. Au tournant du XXe siècle, l’orgasme féminin devient tabou, lié aux maladies mentales. La psychanalyse de Freud contribue grandement à cette régression  : pour lui, la femme adulte ne doit éprouver du plaisir que vaginalement pour avoir une sexualité «  socialement organisée  ». Freud influencera tout le XXe siècle médical, qui effaça presque entièrement de ses enseignements la réalité de l’anatomie féminine. La libération sexuelle, à partir des années soixante, n’a pas fait basculer les choses  : jouir sans entrave, d’accord, mais le mal était fait  ; la connaissance du corps féminin, perdue dans la documentation, avait réduit la femme à un trou. La philosophie humaniste à la Renaissance puis les Lumières ont mis en péril la vision traditionnelle chrétienne de la femme, égale à l’homme devant Dieu, complémentaire à lui dans le siècle. En renouant avec l’Antiquité, on a créé de nouveaux gynécées dans les classes dominantes, les fameux salons. Puis, suite à la Révolution, les femmes, écartées de la citoyenneté comme à l’Antiquité encore, sont devenues un sexe invisible, un ornement pour l’homme. La Révolution industrielle les a précarisées, déféminisées pour une partie, et a préservé les autres enfermées dans leurs corsets. La femme est devenue intérieure, cachée. Les représentations de nus n’ont jamais été aussi lisses qu’au XIXe siècle  ; rien ne doit dépasser. Le clitoris, organe inutile, était donc de trop. Si des cas d’excisions médicales ont pu exister, on a assisté, pour reprendre les mots du docteur Pierre Foldès à une «  excision mentale  ».

En marge du féminisme

Bien que la racine du problème soit antérieure, la Révolution et la propagation de son idéologie ont fait entrer la relation au corps féminin dans une nouvelle ère, permis le puritanisme. Le plaisir féminin n’était apparemment pas assez important pour l’intérêt général d’une classe bourgeoise, masculine. Le retour de l’information sur l’anatomie réelle des femmes sur les bancs des collèges, pourrait, dans ce domaine, œuvrer au bien commun et, en dehors de toute revendication féministe, rétablir, sur le plan de la sexualité, une complémentarité sensuelle traditionnelle.

Isabelle Suiste

Paru dans l'Action Française 2000 n° 2963 du 05 Octobre 2017.

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Ils ont abandonné l’Eglise

6 Juillet 2013 , Rédigé par A. Mailloux Publié dans #Catholicisme

 

"Vous les entendrez [les protestants] sans cesse prononcer le divin nom du Christ, et ils ont abandonné l’Eglise, son épouse bien aimée ; ils se diront les disciples du Dieu fait-homme, et ils blasphémeront et insulteront la très sainte Vierge, sa mère ; ils auront sans cesse à la bouche les mots de liberté évangélique, et ils sont les esclaves de l’erreur ; ils blâmeront et censureront l’Eglise, ses croyances, ses sacrements, ses pratiques religieuses, et ils sont d’une ignorance monstrueuse sur ce qu’enseigne l’Eglise ; ils crieront bien haut contre le Pape et les évêques, et ils ignorent complètement quelle est la mission du Pape et des évêques " que l’Esprit-Saint a établis pour gouverner l’Eglise de Dieu [Act. des Ap. ch. 20] ; " ils condamneront les pratiques de pénitence et tout ce qui mortifie cette chair que saint Paul " traitait rudement et réduisait en servitude, dans la crainte d’être réprouvé " [I Cor. ch. 9. v. 27] et ils ne s’aperçoivent point qu’ils font " un Dieu de leur ventre " [Philip, ch. 8, v. 19] ; " enfin ils publieront sur les toits " [Matt. ch. 10, v. 27], et avec une audace diabolique, que l’Eglise catholique est en opposition directe avec la bible, pendant qu’on leur a démontré cent fois que c’était eux qui ne la suivait point, qu’ils en torturaient le sens pour la mettre d’accord avec les égarements de leur raison, et n’y prenaient que ce qui pouvait entrer dans le système religieux qui était de leur goût. Luther en a encore fait l’aveu. " Supposez, dit-il, une loi qui prescrive en tout et partout le contraire des dix commandements de Dieu, et vous aurez tout juste la loi qui semble régler le train du monde [protestant] : tout, oui, tout témoigne du peu de cas qu’on fait de la parole de Dieu et de ses serviteurs ; tout n’est que blasphèmes, " libertinage, orgueil et rapine. "

Et puis, on verrait en Canada, dont les habitants sont doués d’un rare bon sens, on verrait des Canadiens prêter l’oreille à de telles absurdités ? On essayerait à leur faire croire que la bible qui a été écrite par des catholiques, et le Nouveau-Testament après l’établissement de l’Eglise, serait opposée aux enseignements de cette Eglise ? On leur ferait croire qu’un individu, avec sa pauvre raison individuelle, et qui n’étudie la bible que depuis deux jours, la comprendrait mieux que tous les papes et les évêques qui l’étudient depuis plus de dix-huit cents ans ? On viendrait à bout de leur faire croire qu’une société aussi nombreuse et aussi savante que celle de l’Eglise catholique, aurait conservé, avec un soin infini, un livre divin qui la condamne ? — Je le dis avec assurance, jamais de tels non sens n’entreront dans la tête des Canadiens, qui jouissent encore de leur raison.

Encore une fois, que les Canadiens se défient de ces hommes. Pour mieux les connaître et les apprécier, qu ils étudient avec le plus grand soin leur divine religion qui, dans tous les temps, est sortie victorieuse des attaques et des ruses de l’enfer, par l’assistance d’en haut que lui garantissent ces solennelles promesses, d’abord à St-Pierre, le chef des Apôtres : " Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudrontpoint contre elle ", et ces autres : " J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille point, et toi aussi, quand tu seras une fois converti, affermis tes frères, " et ces autres encore : " Je te donnerai les clefs du royaume des cieux. Et tout ce que tu lieras sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre, sera délié dans le ciel. " Ensuite, à tous les Apôtres réunis : " Allez donc, enseignez toutes les nations ; leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai prescrites ; et VOILA QUE JE SUIS TOUS LES JOURS AVEC VOUS JUSQU’A LA CONSOMMATION DES SIÈCLES."

Que les Canadiens demandent donc sans cesse à celui quiest la vraie lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde," la grâce de ne jamais perdre de vue les vérités capitales que voici : II n’y a qu’un Seigneur, " qu’une foi, qu’un baptême", " qu’un troupeau et qu’un pasteur " : donc, union dans la même foi, dans les mêmes sacrements, dans une seule et même société : LE CATHOLICISME."

 

A. Mailloux

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Habemus Papam

13 Mars 2013 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Catholicisme

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Annuntio vobis gaudium magnum :

Habemus Papam, eminentissimum ac reverendissimum Dominum, Dominum Jorge Sanctæ Romanæ Ecclesiæ

Cardinalem Bergoglio qui sibi nomen imposuit Franciscum.

 

Que le Sauveur réponde au Chef de l'Église; qu’il écoute ses cris de détresse. Que le Père de Jésus lui-même le protège.

 

Du plus profond de son amour, qu’il soit toujours là pour le secourir.

 

À cause de son Église, qu’il le soutienne. Qu’il accueille chacun de ses dévouements;

 

qu’il reçoive chacune de ses inquiétudes. Qu’il réponde à ses désirs, qu’il bénisse ses projets.

 

Alors nous nous réjouirons avec lui pour ces réponses venues du ciel;

 

nous chanterons notre foi au Père de Jésus en le priant encore de combler ses attentes.

 

Car maintenant, nous le savons : il soutient celui qu’il a consacré;

 

il lui répond avec son cœur de Père; il est prêt à tout pour l'appuyer.

 

Tandis que des gens comptent sur leur brio, et d’autres sur leur intelligence

 

pour vivre dans la vérité, nous, nous en appelons à notre Père.

 

Ceux-là sont souvent déçus, nous, nous sommes conduits vers la lumière.

 

Père, prends bien soin de notre Chef pour qu’il sache nous donner ta lumière quand nous faisons appel à lui.

 

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Trinité, symbole de saint-Athanase

7 Mars 2013 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Catholicisme

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Via bibliothèque de combat :

Nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté. Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu’il y a trois Dieux ou trois Seigneurs. Le Père n’a été fait par personne et il n’est ni créé ni engendré ; le Fils n’est issu que du Père, il n’est ni fait, ni créé, mais engendré ; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n’est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. Il n’y a donc qu’un Père, non pas trois Pères ; un Fils, non pas trois Fils ; un Saint-Esprit, non pas trois Saint-Esprit. Et dans cette Trinité il n’est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu’en tout, comme on l’a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l’Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l’Unité. Qui donc veut être sauvé, qu’il croie cela de la Trinité. Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi en l’incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. C’est donc la foi droite que de croire et de confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, de la substance du Père, engendré avant les siècles, et il est homme, de la substance de sa mère, né dans le temps ; Dieu parfait, homme parfait composé d’une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l’humanité. Bien qu’il soit Dieu et homme, il n’y a pas cependant deux Christ, mais un Christ ; un, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l’humanité a été assumée en Dieu ; un absolument, non par un mélange de substance, mais par l’unité de la personne. Car, de même que l’âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l’homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d’où il viendra juger les vivants et les morts. A sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu’un n’y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé. Symbole de Saint Athanase – IVè siècle

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Gloria in excelsis Deo

17 Décembre 2011 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Catholicisme

 

 

 

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Gloria, laus et honor

17 Décembre 2011 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Catholicisme

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Le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine nous rappelle l'importance de la Soutane.

12 Juin 2011 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Catholicisme

Marseille : le curé qui multiplie les paroissiens
  

"Alors que certains catholiques vivent un réel malaise, un prêtre marseillais hors-normes remplit son église.

Les homélies du père, le dimanche mais aussi les autres jours de la semaine, sont très écoutées. Certains les enregistrent même.

Les homélies du père, le dimanche mais aussi les autres jours de la semaine, sont très écoutées. Certains les enregistrent même.

PENNANT Franck

Jésus est génial!" Génial, c'est aussi ce que pensent du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine ses paroissiens. Comme tous les dimanches, 500 personnes: jeunes, vieillards, familles bourgeoises, bébés en poussette que l'on promène dans les allées, sans-papiers, Noirs, athées même, se pressent dans l'église Saint-Vincent-de-Paul- les-Réformés. Une exception, en ce dimanche de carême ? "Non, c'est comme ça tous les dimanches", confie sa secrétaire.

Même en semaine, l'église ne désemplit pas. Et tous les troisièmes jeudis du mois, c'est de loin que l'on vient assister à la messe des malades. Tout en haut de la Canebière, dans un centre-ville cosmopolite et longtemps délaissé, les "Réformés" ont connu leur purgatoire. "On faisait la messe dans la crypte", se souvient une paroissienne. Aujourd'hui, dans cette même église, restaurée, redécorée et sur laquelle veillent une soixantaine de bénévoles, les messes attirent le tout Marseille dans sa plus grande diversité. Par quel miracle, alors que tant d'autres se vident ? Et alors que l'affaire Williamson, ou celle de cette maman brésilienne excommuniée secouent la communauté catholique.

"C'est la Vierge Marie qui envoie les cartons d'invitation", répond avec humour le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, en charge de la paroisse depuis 5 ans. "Mais tous les prêtres se donnent du mal", rajoute-t-il humblement. Pour certains, son "charisme" y est pour beaucoup. "Je travaille, je suis un ouvrier, un artisan qui s'acharne!", conteste-t- il, reprenant le mot de Cocteau. Et pas seulement à remplir son église pour le culte. Dès huit heures du matin, il y a du monde devant les grilles. On vient se confesser ou juste se confier avant de partir au travail. Et jusqu'au soir, après le dernier chapelet, le père reste à l'écoute. Parfois, ceux qui viennent l'ont croisé le matin, quand il fait le tour des cafés du quartier.

En soutane. "C'est ma blouse de travail, dit-il. Je la porte comme le Pape! Le jour où il la quittera, je la quitterai moi aussi!" Et qu'on ne l'accuse pas de quelque tentation traditionaliste. "Tout ce que je fais est en accord total avec mon archevêque." S'il porte la soutane, c'est "pour permettre à tous ceux qui ne connaissent plus le chemin de l'Église de rencontrer le prêtre et de l'aborder en toute liberté. Et croyez-moi, les gens ne se gênent pas pour le faire".

Qu'ils soient athées, catholiques ou musulmans, nombreux dans ce quartier. À quelques minutes du début de la messe, le père fait répéter la chorale. Souvenir du temps où il n'était pas encore prêtre, mais artiste à Paris ?"J'ai voulu être prêtre dès l'âge de 8 ans. Mais je voulais aller vers ceux qui me semblaient le plus éloignés de Dieu." Pendant des années, il chante tous les soirs, une petite vierge sur son piano.

"Suivant mes rencontres, la conversation, je la retournais et je disais : 'Ce soir, elle est là pour vous'. Personne ne m'a jamais rejeté".En 1988, à 40 ans, après avoir longtemps parlé de Dieu à "cette humanité blessée qui vit la nuit", il s'engage dans les ordres. D'abord chez les Dominicains, puis les Franciscains "en souvenir du père Kolbe qui a pris la place d'un père de famille juif dans le pavillon de la faim, à Auschwitz".

Est-ce de ce temps où il était artiste qu'il a gardé ce sens de l'orchestration, "de la mise en scène" disent les mauvaises langues? Procession, encensement, grandes orgues, une vingtaine d'enfants de choeur, bruns, blonds, "une vrai pub pour Benetton", l'accompagnent en ce début de célébration. Dans l'assistance, plus un souffle, sinon celui de la ferveur.Trop de pompe? "Au siècle de l'image, il importe d'en offrir, et de belles !", rétorque le père Zanotti-Sorkine.

"Ceux qui pensent que la messe doit refléter le misérabilisme de la société se trompent." Une belle liturgie dans un beau lieu, et un peu de sacré ne font pas de mal à la prière, pense-t-il. "Que nos offices ne soient pas un pensum où les gens s'ennuient sous une avalanche de paroles ou de chansonnettes insipides!" Avec lui, aucun risque. Ses homélies qui peuvent durer 3comme 25 minutes, "même si on nous recommande de ne pas dépasser les 7 minutes", sont écoutées avec l'attention que l'on porte à un message rare. Pourtant les mots sont simples et les citations parfois cocasses, du Gabin comme du Verlaine.

Dans l'assistance, on prend des notes. "Des paroissiens préparent un site sur lequel toutes mes homélies seront mises en ligne, en avril", annonce-t-il un peu gêné. Sacré personnage! Qui a l'art de vous présenter l'Évangile comme un code de bonne conduite applicable sur cette terre. Et parvient à vous convaincre que si la terre n'est pas le paradis, ce n'est pas l'enfer."

 

Par Dominique Arnoult ( darnoult@laprovence-presse.fr ) http://www.laprovence.com/article/region/marseille-le-cure-qui-multiplie-les-paroissiens

 

 

Ici un site très bien fait :
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