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Tout désespoir en politique est une sottise absolue. CM

«La politique doit être un Art»

28 Mai 2014 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Royalisme

La Rome antique inscrivait sur les frontons de ses lycées: «Instruere Navem». Oui armer le navire en prenant en compte tous les paramètres qui concourent à l'instruction de l'Homme, pour charpenter, équilibrer ce navire en fonction du rôle qu'il aura à remplir, tremper ce matériau pour qu'il soit à toute épreuve.

Cessons de fabriquer des cerveaux orphelins de toutes les connaissances humanistes et spirituelles qui faisaient l'honneur de notre civilisation. Au lieu de privilégier exclusivement des barreurs aussi spécialisés qu'aveugles, ne serait-il pas plus judicieux de préparer les êtres humains à s'affirmer contre vents et marées face à d'un monde de plus en plus hostile et déculturé? Plus que jamais l'objectif d'un véritable enseignement devrait se recentrer sur l'édification de l'Homme, corps, âme et esprit, et non uniquement sur l'acquisition arbitraire d'un fatras de notions périphériques, que leur empilage désordonné rend, la plupart du temps, inutilisables.

De Sumer à l'Egypte, des Cyclades à notre France romane, qui n'a en mémoire la représentation de ces femmes et de ces hommes aux yeux largement ouverts, debout, qui semblent participer d'une connaissance initiatique? Ils ont en commun de savoir la vocation de l'humanité à accomplir sa «verticalité».

L'enfant résume dès sa naissance, dans sa complexe totalité, l'espérance de l'être en devenir. Il porte en lui toutes les mémoires qui ne demandent qu'à lui être révélée par ceux qui le précédent dans la vie Le véritable but de l'éducation devrait être de raviver, d'enrichir cette «mémoire» et de faire prendre conscience à l'enfant, puis à l'adolescent

Dès lors nous sommes loin, très loin, de la théorie du «genre» et même à son opposé, puisque chaque être est unique et non pas «indifférencié».

Toute prise de conscience résultant d'une éducation juste, est un passage d'un niveau à un autre toujours supérieur, cela exige un effort et un abandon, l'abandon de structures obsolètes, dépassées, afin d'en créer d'autres, toujours plus profondément ancrées dans une véritable connaissance de la Tradition, laquelle est par essence nouvelle, puisque ni passéiste ni moderniste.

Tous les mythes de la création, racontent le secret de nos structures. Se frayant opiniâtrement un chemin à travers les siècles de pensée agnostique, en transperçant les blocages intellectuels les mieux noués, une «Mémoire» est parvenue jusqu'à nous. Pour redevenir audible, elle attend sans doute que nous fassions taire non seulement la dictature du rationalisme mais aussi et surtout les injonctions de nos narcissismes.

Puisant aux sources du Christianisme, l'être occidental a vécu son enfance identifié à elles. Le Moyen Age a été son berceau. La Renaissance, disent les historiens, l'a fait entrer dans l'âge de raison. Dérivant loin de cette source, il les a peu à peu oubliées. C'est alors qu'il a cherché son identité dans un savoir extérieur, il s'est ainsi coupé de lui-même. Ce faisant, il a investi la totalité de ses énergies dans l'acquisition de sciences appelées, dans sa pensée, à lui permettre un jour -lui, esprit fort et cérébral de tenir en main les causes et les fins de toutes choses. Il détient en effet de nos jours les clés terribles grâce auxquelles il manipule en grande partie l'Homme et la Nature. Aujourd'hui l'Homme se croit un Dieu, alors qu'il n'est qu'une bête pour lui-même. La Grèce mythologique avait anticipé cet orgueil prométhéen de triompher des dieux. Alors plus la technique nous libère, plus notre âme est asservie.

En réalité nous crevons de solitude et d'angoisse devant ces forces que nous avons libérées et que nous sommes incapables de maîtriser. L'Arbre de la connaissance, coupé de la moitié de sa dimension nécessaire et sacrale, a produit des fruits empoisonnés. Or c'est dans la tradition accumulée que se trouve la réponse. Par tradition, il faut entendre non pas un quelconque refuge dans un passé révolu, mais la transmission, à partir des révélations et des textes sacrés de constantes universelles et éternelles qui constituent la nature permanente de notre être. La tradition traverse l'Histoire et les cultures en mettant perpétuellement en question l'aspect figé de ces valeurs. Elle est ainsi la conscience vécue, ici et maintenant, des sources vitales et spirituelles de l'Humanité qui relie les individus et les générations et qui donne un sens au verbe humain, au verbe ….. Homme, essence de l'humanité rachetée et arrachée à sa déchéance.

L'Homme devenu apatride, sans famille, se retrouve nu et seul, car l'éducation ne lui a pas enseigné à être à l'écoute de son propre corps, à l'écoute de l'autre, à l'écoute de la nature ni surtout à l'écoute de cette âme qui est le sienne propre.

Tous nos sens, dans leur différenciation, concourent à l'acquisition d'une connaissance expérimentale du monde qui nous entoure. L'expérience vécue du monde extérieur devrait pouvoir alors devenir dialogue. On sait que «l'objet connu transforme le connaissant, car l'Amour précède la rencontre»… disait Teilhard de Chardin. Cette qualité d'expérience, cette connaissance de plus en plus profonde du monde et de ses réalités devrait nous permettre développer en nous des qualités de perception progressivement subtiles et transcendantes. Il ne s'agit pas, bien sûr, de perceptions extrasensorielles, mais de nouveaux registres du sensoriel auxquels nous pouvons chacun aspirer et parvenir.

Oscar Wilde disait: «Rien si ce n'est l'âme ne peut guérir un corps». Pour soulager la souffrance d'autrui et la faire disparaître, comme pour atténuer les maladies de notre société, la démarche primordiale, possible et efficace, consiste à se mettre à l'écoute, afin de devenir le canal par lequel passe l'Amour. Ecouter l'autre c'est participer à sa restauration spirituelle, à le rendre présent à la vie, celle de l'esprit autant que celle de la société, à le mettre dans sa verticalité.

Dans l'Histoire, comme dans bien la vie de tous les jours, il est une leçon d'humanité qu'il faut sans cesse se remémorer: rien n'est inéluctable, rien n'est définitif et toute construction humaine est par définition appelée à disparaître, parce qu'il sera toujours donné à l'Homme et à notre humanité de faire un choix «autre». Ce choix autre est le fruit de l'Amour et de la solidarité, il se fonde sur des lois immanentes, source de vie et de beauté, c'est un travail pariétal que chaque être devrait pouvoir accomplir en soi: loin de moi l'idée de prôner une quelconque idéologie. Mais de rappeler ici que les lois immanentes, source de vie sont justes et vraies.

Cet ordre idéal à atteindre pour organiser la Cité nous est raconté aussi bien dans les textes sacrés que par le truchement de récits ou contes parfois millénaires. Et en ce début de siècle les sciences biologiques et physiques nous démontrent les mêmes choses.

L'Art de la politique ne devrait-il pas consister à trouver le juste équilibre entre tous les contraires pour harmoniser la société dans le respect des libertés de chacun que de rendre la progression de notre humanité moins chaotique et plus heureuse. La «Politique» devrait être un art, une science de la recherche sans fin d'un équilibre harmonieux dans lequel chaque être pourra trouver sa place.

Nous commémorons cette année le 800e anniversaire de la naissance du Roi Saint Louis. Il exerçait le pouvoir, il incarnait la justice, il maintenait la paix et la prospérité de son royaume. Aucune de ces fonctions ne peut être sous traitée à l'autre et toutes sont complémentaires, à condition que leur ciment soit l'Amour des Français, l'Amour et la compréhension des peuples de France et l'Amour de notre terre la France.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/05/22/31001-20140522ARTFIG00291-le-comte-de-paris-la-politique-doit-etre-un-art.php

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