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Tout désespoir en politique est une sottise absolue. CM

Lettre de Charles de FOUCAULD à René Bazin (1916)

13 Juin 2011 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Islam

JESUS CARITAS,
Tamanrasset, par Insalah, via Biskra, Algérie, 29 juillet 1916.

 

" Monsieur, Je vous remercie infiniment d'avoir bien voulu répondre à ma lettre, au milieu de tant de travaux, et si fraternellement. Je pourrais, m'écrivez-vous, vous dire utilement la vie du missionnaire parmi les populations musulmanes, mon sentiment sur ce qu'on peut attendre d'une politique qui ne cherche pas à convertir les musulmans par l'exemple et par l'éducation et qui par conséquent maintient le mahométisme, enfin des conversations avec des personnages du désert sur les affaires d'Europe et sur la guerre.

I. Vie du missionnaire parmi les populations musulmanes

Habituellement chaque mission comprend plusieurs prêtres, au moins deux ou trois ; ils se partagent le travail qui consiste surtout en relations avec les indigènes (les visiter et recevoir leurs visites) ; oeuvres de bienfaisance (aumônes, dispensaires) ; oeuvres d'éducation (écoles d'enfants, écoles du soir pour les adultes, ateliers pour les adolescents) ; ministère paroissial (pour les convertis et ceux qui veulent s'instruire dans la religion chrétienne). Je ne suis pas en état de vous décrire cette vie qui, dans ma solitude au milieu de populations très disséminées et encore très éloignées d'esprit et de coeur, n'est pas la mienne... Les missionnaires isolés comme moi sont fort rares. Leur rôle est de préparer la voie, en sorte que les missions qui les remplaceront trouvent une population amie et confiante, des âmes quelque peu préparées au
christianisme, et, si faire se peut, quelques chrétiens. Vous avez en partie décrit leurs devoirs dans votre article : " Le plus grand service " (Écho de Paris, 22 janvier 1916). Il faut nous faire accepter des musulmans, devenir pour eux l'ami sûr, à qui on va quand on est dans le doute ou la peine, sur l'affection, la sagesse et la justice duquel on compte absolument. Ce n'est que quand on est arrivé là qu'on peut arriver à faire du bien à leurs âmes. Inspirer une confiance absolue en notre véracité, en la droiture de nôtre caractère, et en notre instruction supérieure, donner une idée de nôtre religion par notre bonté et nos vertus, être en relations affectueuses avec autant d'âmes qu'on le peut, musulmanes ou chrétiennes, indigènes ou françaises, c'est notre premier devoir : ce n'est qu'après l'avoir bien rempli, assez longtemps, qu'on peut faire du bien.
Ma vie consiste donc à être le plus possible en relation avec ce qui m'entoure et à rendre tous les services que je peux. À mesure que l'intimité s'établit, je parle, toujours ou presque toujours en tête à tête, du bon Dieu, brièvement, donnant à chacun ce qu'il peut porter, fuite du péché, acte d'amour parfait, acte de contrition parfaite, les deux grands commandements de l'amour de Dieu et du prochain, examen de conscience, méditation des fins dernières, à la vue de la créature penser à Dieu, etc., donnant à chacun selon ses forces et avançant lentement, prudemment.
Il y a fort peu de missionnaires isolés faisant cet office de défricheur ; je voudrais qu'il y en eût beaucoup : tout curé d'Algérie, de Tunisie ou du Maroc, tout aumônier militaire, tout pieux catholique laïc (à l'exemple de Priscille et d'Aquila), pourrait l'être. Le gouvernement interdit au clergé séculier de faire de la propagande anti-musulmane ; mais il s'agit de propagande ouverte et plus ou moins bruyante : les relations amicales avec beaucoup d'indigènes, tendant à amener lentement, doucement, silencieusement, les musulmans à se rapprocher des chrétiens devenus leurs amis, ne peuvent être interdites par personne. Tout curé de nos colonies, pourrait s'efforcer de former beaucoup de ses paroissiens et paroissiennes à être des Priscille et des Aquila. Il y a toute une propagande tendre et discrète à faire auprès des indigènes infidèles, propagande qui veut avant tout de la bonté, de l'amour et de la prudence, comme quand nous voulons ramener à Dieu un parent qui a perdu la foi...
Espérons qu'après la victoire, nos colonies prendront un nouvel essor. Quelle belle mission pour nos cadets de France, d'aller coloniser dans les territoires africains de la mère patrie, non pour s'y enrichir, mais pour y faire aimer la France, y rendre les âmes françaises et surtout leur procurer le salut éternel, étant avant tout des Priscille et des Aquila !

II. Comment franciser les peuples de notre empire africain

Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de nôtre empire colonial du nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à. celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l'esprit ni le coeur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l'étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d'autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu'elle a avec les Français (représentants de l'autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle. Le sentiment national ou barbaresque s'exaltera dans l'élite instruite : quand elle en trouvera l'occasion, par exemple lors de difficultés de la France au-dedans ou au-dehors, elle se servira de l'islam comme d'un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant.
L'empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d'habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d'habitants rompus au maniement de nos armes, dont l'élite aura reçu l'instruction dans nos écoles. Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens. Il ne s'agit pas de les convertir en un jour ni par force mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, oeuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.
Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D’une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du medhi, il n'y en a pas : tout musulman, (je ne parle pas des libres-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu'à l'approche du jugement dernier le medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l' engage à subir avec calme son épreuve; " l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération ", disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du medhi, en lequel ils soumettront la France.
De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du medhi..

III. Conversation avec des personnages du désert sur les affaires de l'Europe et sur la guerre

Je n'en ai pas. Je n'ai jamais cessé de dire aux indigènes que cette guerre est chose sans gravité : deux gros pays ont voulu en manger deux petits ; les autres gros pays, tel que les Anglais, les Russes et nous, leur font la guerre non seulement pour empêcher cette injustice, mais pour ôter à ces deux voleurs la force de recommencer ; quand ils seront bien corrigés et affaiblis on leur accordera la paix ; cela durera ce que cela durera, le résultat ne présente aucun doute, et nous avons l'habitude d'aller lentement mais sûrement... Les gens de ce pays reculé sont d'une telle ignorance que tout détail supplémentaire les induirait en erreur : ils ne comprendraient pas, et se feraient des idées fausses.

La main-d'oeuvre polonaise
Votre article sur la main-d'oeuvre étrangère (L'Écho de Paris du 28 mai 1916), et ce que vous y dites avec tant de vérité des Polonais me porte à vous parler d'un ami... qui a consacré sa vie à l'étude et au relèvement de la Pologne, sa patrie ; il travaille à la relever surtout par la pureté des moeurs, l'austérité de la vie et le renoncement à l'alcool. Voyant avec douleur beaucoup de Polonais partir annuellement pour l'Amérique où ils perdent leurs âmes, il cherche à détourner ce mouvement d'émigration vers la France et les colonies françaises du Nord de l'Afrique, Algérie, Maroc, Tunisie. Depuis trois ou quatre ans il a fait parvenir des propositions à ce sujet aux autorités françaises d'Algérie et du Maroc, offrant de diriger sur ces pays des familles choisies de Polonais. Rien de ce qu il a proposé n'a été exécuté jusqu'a présent. L'heure viendra peut-être bientôt de reprendre son idée et de l'appliquer non seulement à l'Algérie, à la Tunisie et au Maroc, mais aussi à la France...

Les Kabyles
Comme vous, je désire ardemment que la France reste aux Français, et que notre race reste pure. Pourtant je me réjouis de voir beaucoup de Kabyles travailler en France ; cela semble peu dangereux pour notre race, car la presque totalité des Kabyles, amoureux de leur pays, ne veulent que faire un pécule et regagner leurs montagnes.
Si le contact de bons chrétiens établis en Kabylie est propre à convertir et à franciser les Kabyles, combien plus la vie prolongée au milieu des chrétiens de France est-elle capable de produire cet effet.
Les berbères marocains, frères des Kabyles, sont encore par trop rudes ; ils seront pareils aux Kabyles, quand, comme eux, ils auront soixante ans de domination française. Saint Augustin aimait la langue punique, parce que, disait-il, c'était la langue de sa mère : qu'était la race de sainte Monique dont la langue était la punique ? La race berbère ? Si la race berbère nous a donné sainte Monique et en partie saint Augustin, voilà qui est bien rassurant. N'empêche que les Kabyles ne sont pas aujourd'hui ce qu'étaient leurs ancêtres du IVe siècle : leurs hommes ne sont pas ce que nous voulons pour nos filles ; leurs filles ne sont pas capables de faire les bonnes mères de famille que nous voulons.
Pour que les Kabyles deviennent français, il faudra pourtant que des mariages deviennent possibles entre eux et nous : le christianisme seul, en donnant même éducation, mêmes principes, en cherchant à inspirer mêmes sentiments, arrivera, avec le temps, à combler en partie l'abîme qui existe maintenant.
En me recommandant fraternellement à vos prières, ainsi que nos Touaregs, et en vous remerciant encore de votre lettre, je vous prie d'agréer l'expression de mon religieux et respectueux dévouement.
Votre humble serviteur dans le Coeur de Jésus. "

Charles de FOUCAULD

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Ce texte de Maurras était remarquablement prémonitoire.

12 Juin 2011 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Maurras

13 juillet 1926 : Pour l'inauguration de la grande mosquée de Paris

Charles Maurras, L'Action Française

 

"Quelques rues du centre de Paris sont égayées par les très belles robes de nos visiteurs marocains. Il y en a de vertes, il y en a de toutes les nuances. Certains de ces majestueux enfants du désert apparaîtraient "vêtus de probité candide et de lin blanc" si leur visage basané et presque noir ne faisait songer au barbouillage infernal. Que leurs consciences soient couleur de robe ou couleur de peau, leurs costumes restent enviables ; le plus négligent des hommes serait capable des frais de toilette qui aboutiraient à ces magnifiques cappa magna, à ces manteaux brodés de lune et de soleil. Notre Garde républicaine elle-même, si bien casquée, guêtrée et culottée soit-elle, cède, il me semble, à la splendeur diaprée de nos hôtes orientaux. Toute cette couleur dûment reconnue, il n'est pas moins vrai que nous sommes probablement en train de faire une grosse sottise. Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon. II n'y a peut-être pas de réveil de l'Islam, auquel cas tout ce que je dis ne tient pas et tout ce que l'on fait se trouve être aussi la plus vaine des choses. Mais, s'il y a un réveil de l'Islam, et je ne crois pas que l'on en puisse douter, un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte-Geneviève où tous les plus grands docteurs de la chrétienté enseignèrent contre l'Islam représente plus qu'une offense à notre passé : une menace pour notre avenir.

On pouvait accorder à l'Islam, chez lui, toutes les garanties et tous les respects. Bonaparte pouvait se déchausser dans la mosquée, et le maréchal Lyautey user des plus éloquentes figures pour affirmer la fraternité de tous les croyants : c'étaient choses lointaines, affaires d'Afrique ou d'Asie. Mais en France, chez les Protecteurs et chez les Vainqueurs, du simple point de vue politique, la construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine, exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. Ceux-ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse. Quelqu'un me disait hier :

- Qui colonise désormais ? Qui est colonisé ? Eux ou nous ?

J'aperçois, de ci de là, tel sourire supérieur. J'entends, je lis telles déclarations sur l'égalité des cultes et des races. On sera sage de ne pas les laisser propager, trop loin d'ici, par des hauts-parleurs trop puissants. Le conquérant trop attentif à la foi du conquis est un conquérant qui ne dure guère.

Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l'amitié. Nous venons de commettre le crime d'excès. Fasse le ciel que nous n'ayons pas à le payer avant peu et que les nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux ne soient jamais grisées par leur sentiment de notre faiblesse. "

 

http://www.vdfr95.com/maurras.htm

 

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Nigeria : la cathédrale du diocèse de Maiduguri sérieusement endommagée par un attentat islamiste

12 Juin 2011 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Islam

Nigeria : la cathédrale du diocèse de Maiduguri sérieusement endommagée par un attentat islamiste

 

"Un groupe armé, dont tout porte à croire qu’il appartient à la secte islamiste Boko Haram (l’éducation occidentale – ou non islamique – est un sacrilège – ou un péché, selon les traductions depuis la langue Haussa), a fait exploser une bombe le 7 juin devant la cathédrale St. Patrick de Maiduguri (capitale de l’État de Borno, au nord-est du Nigéria), provoquant de très sérieux dégâts : portes et vitraux soufflés, structures de l’édifice ébranlées jusqu’aux fondations. Cette secte islamiste violente, qui a déjà attaqué une autre église catholique voici deux semaines, veut l’application généralisée de la shariah dans tout le Nigéria et conteste l’élection le 16 avril d’un chrétien, Goodluck Jonathan, à la présidence de l’État. Depuis cette date, les attentats de ces islamistes ont causé la mort d’au moins 500 personnes et contraint à l’exode environ 40 000 Nigérians. Les experts atificiers de Boko Haram auraient été formés, entre 2006 et 2009, en Algérie par l’ancien Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat devenu Al Qaïda au Maghreb."

 

Daniel Hamiche

Sources : Catholic News Agency, Catholic News Service


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Le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine nous rappelle l'importance de la Soutane.

12 Juin 2011 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Catholicisme

Marseille : le curé qui multiplie les paroissiens
  

"Alors que certains catholiques vivent un réel malaise, un prêtre marseillais hors-normes remplit son église.

Les homélies du père, le dimanche mais aussi les autres jours de la semaine, sont très écoutées. Certains les enregistrent même.

Les homélies du père, le dimanche mais aussi les autres jours de la semaine, sont très écoutées. Certains les enregistrent même.

PENNANT Franck

Jésus est génial!" Génial, c'est aussi ce que pensent du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine ses paroissiens. Comme tous les dimanches, 500 personnes: jeunes, vieillards, familles bourgeoises, bébés en poussette que l'on promène dans les allées, sans-papiers, Noirs, athées même, se pressent dans l'église Saint-Vincent-de-Paul- les-Réformés. Une exception, en ce dimanche de carême ? "Non, c'est comme ça tous les dimanches", confie sa secrétaire.

Même en semaine, l'église ne désemplit pas. Et tous les troisièmes jeudis du mois, c'est de loin que l'on vient assister à la messe des malades. Tout en haut de la Canebière, dans un centre-ville cosmopolite et longtemps délaissé, les "Réformés" ont connu leur purgatoire. "On faisait la messe dans la crypte", se souvient une paroissienne. Aujourd'hui, dans cette même église, restaurée, redécorée et sur laquelle veillent une soixantaine de bénévoles, les messes attirent le tout Marseille dans sa plus grande diversité. Par quel miracle, alors que tant d'autres se vident ? Et alors que l'affaire Williamson, ou celle de cette maman brésilienne excommuniée secouent la communauté catholique.

"C'est la Vierge Marie qui envoie les cartons d'invitation", répond avec humour le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, en charge de la paroisse depuis 5 ans. "Mais tous les prêtres se donnent du mal", rajoute-t-il humblement. Pour certains, son "charisme" y est pour beaucoup. "Je travaille, je suis un ouvrier, un artisan qui s'acharne!", conteste-t- il, reprenant le mot de Cocteau. Et pas seulement à remplir son église pour le culte. Dès huit heures du matin, il y a du monde devant les grilles. On vient se confesser ou juste se confier avant de partir au travail. Et jusqu'au soir, après le dernier chapelet, le père reste à l'écoute. Parfois, ceux qui viennent l'ont croisé le matin, quand il fait le tour des cafés du quartier.

En soutane. "C'est ma blouse de travail, dit-il. Je la porte comme le Pape! Le jour où il la quittera, je la quitterai moi aussi!" Et qu'on ne l'accuse pas de quelque tentation traditionaliste. "Tout ce que je fais est en accord total avec mon archevêque." S'il porte la soutane, c'est "pour permettre à tous ceux qui ne connaissent plus le chemin de l'Église de rencontrer le prêtre et de l'aborder en toute liberté. Et croyez-moi, les gens ne se gênent pas pour le faire".

Qu'ils soient athées, catholiques ou musulmans, nombreux dans ce quartier. À quelques minutes du début de la messe, le père fait répéter la chorale. Souvenir du temps où il n'était pas encore prêtre, mais artiste à Paris ?"J'ai voulu être prêtre dès l'âge de 8 ans. Mais je voulais aller vers ceux qui me semblaient le plus éloignés de Dieu." Pendant des années, il chante tous les soirs, une petite vierge sur son piano.

"Suivant mes rencontres, la conversation, je la retournais et je disais : 'Ce soir, elle est là pour vous'. Personne ne m'a jamais rejeté".En 1988, à 40 ans, après avoir longtemps parlé de Dieu à "cette humanité blessée qui vit la nuit", il s'engage dans les ordres. D'abord chez les Dominicains, puis les Franciscains "en souvenir du père Kolbe qui a pris la place d'un père de famille juif dans le pavillon de la faim, à Auschwitz".

Est-ce de ce temps où il était artiste qu'il a gardé ce sens de l'orchestration, "de la mise en scène" disent les mauvaises langues? Procession, encensement, grandes orgues, une vingtaine d'enfants de choeur, bruns, blonds, "une vrai pub pour Benetton", l'accompagnent en ce début de célébration. Dans l'assistance, plus un souffle, sinon celui de la ferveur.Trop de pompe? "Au siècle de l'image, il importe d'en offrir, et de belles !", rétorque le père Zanotti-Sorkine.

"Ceux qui pensent que la messe doit refléter le misérabilisme de la société se trompent." Une belle liturgie dans un beau lieu, et un peu de sacré ne font pas de mal à la prière, pense-t-il. "Que nos offices ne soient pas un pensum où les gens s'ennuient sous une avalanche de paroles ou de chansonnettes insipides!" Avec lui, aucun risque. Ses homélies qui peuvent durer 3comme 25 minutes, "même si on nous recommande de ne pas dépasser les 7 minutes", sont écoutées avec l'attention que l'on porte à un message rare. Pourtant les mots sont simples et les citations parfois cocasses, du Gabin comme du Verlaine.

Dans l'assistance, on prend des notes. "Des paroissiens préparent un site sur lequel toutes mes homélies seront mises en ligne, en avril", annonce-t-il un peu gêné. Sacré personnage! Qui a l'art de vous présenter l'Évangile comme un code de bonne conduite applicable sur cette terre. Et parvient à vous convaincre que si la terre n'est pas le paradis, ce n'est pas l'enfer."

 

Par Dominique Arnoult ( darnoult@laprovence-presse.fr ) http://www.laprovence.com/article/region/marseille-le-cure-qui-multiplie-les-paroissiens

 

 

Ici un site très bien fait :
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