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Tout désespoir en politique est une sottise absolue. CM

Le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine nous rappelle l'importance de la Soutane.

12 Juin 2011 , Rédigé par Merl1 Publié dans #Catholicisme

Marseille : le curé qui multiplie les paroissiens
  

"Alors que certains catholiques vivent un réel malaise, un prêtre marseillais hors-normes remplit son église.

Les homélies du père, le dimanche mais aussi les autres jours de la semaine, sont très écoutées. Certains les enregistrent même.

Les homélies du père, le dimanche mais aussi les autres jours de la semaine, sont très écoutées. Certains les enregistrent même.

PENNANT Franck

Jésus est génial!" Génial, c'est aussi ce que pensent du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine ses paroissiens. Comme tous les dimanches, 500 personnes: jeunes, vieillards, familles bourgeoises, bébés en poussette que l'on promène dans les allées, sans-papiers, Noirs, athées même, se pressent dans l'église Saint-Vincent-de-Paul- les-Réformés. Une exception, en ce dimanche de carême ? "Non, c'est comme ça tous les dimanches", confie sa secrétaire.

Même en semaine, l'église ne désemplit pas. Et tous les troisièmes jeudis du mois, c'est de loin que l'on vient assister à la messe des malades. Tout en haut de la Canebière, dans un centre-ville cosmopolite et longtemps délaissé, les "Réformés" ont connu leur purgatoire. "On faisait la messe dans la crypte", se souvient une paroissienne. Aujourd'hui, dans cette même église, restaurée, redécorée et sur laquelle veillent une soixantaine de bénévoles, les messes attirent le tout Marseille dans sa plus grande diversité. Par quel miracle, alors que tant d'autres se vident ? Et alors que l'affaire Williamson, ou celle de cette maman brésilienne excommuniée secouent la communauté catholique.

"C'est la Vierge Marie qui envoie les cartons d'invitation", répond avec humour le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, en charge de la paroisse depuis 5 ans. "Mais tous les prêtres se donnent du mal", rajoute-t-il humblement. Pour certains, son "charisme" y est pour beaucoup. "Je travaille, je suis un ouvrier, un artisan qui s'acharne!", conteste-t- il, reprenant le mot de Cocteau. Et pas seulement à remplir son église pour le culte. Dès huit heures du matin, il y a du monde devant les grilles. On vient se confesser ou juste se confier avant de partir au travail. Et jusqu'au soir, après le dernier chapelet, le père reste à l'écoute. Parfois, ceux qui viennent l'ont croisé le matin, quand il fait le tour des cafés du quartier.

En soutane. "C'est ma blouse de travail, dit-il. Je la porte comme le Pape! Le jour où il la quittera, je la quitterai moi aussi!" Et qu'on ne l'accuse pas de quelque tentation traditionaliste. "Tout ce que je fais est en accord total avec mon archevêque." S'il porte la soutane, c'est "pour permettre à tous ceux qui ne connaissent plus le chemin de l'Église de rencontrer le prêtre et de l'aborder en toute liberté. Et croyez-moi, les gens ne se gênent pas pour le faire".

Qu'ils soient athées, catholiques ou musulmans, nombreux dans ce quartier. À quelques minutes du début de la messe, le père fait répéter la chorale. Souvenir du temps où il n'était pas encore prêtre, mais artiste à Paris ?"J'ai voulu être prêtre dès l'âge de 8 ans. Mais je voulais aller vers ceux qui me semblaient le plus éloignés de Dieu." Pendant des années, il chante tous les soirs, une petite vierge sur son piano.

"Suivant mes rencontres, la conversation, je la retournais et je disais : 'Ce soir, elle est là pour vous'. Personne ne m'a jamais rejeté".En 1988, à 40 ans, après avoir longtemps parlé de Dieu à "cette humanité blessée qui vit la nuit", il s'engage dans les ordres. D'abord chez les Dominicains, puis les Franciscains "en souvenir du père Kolbe qui a pris la place d'un père de famille juif dans le pavillon de la faim, à Auschwitz".

Est-ce de ce temps où il était artiste qu'il a gardé ce sens de l'orchestration, "de la mise en scène" disent les mauvaises langues? Procession, encensement, grandes orgues, une vingtaine d'enfants de choeur, bruns, blonds, "une vrai pub pour Benetton", l'accompagnent en ce début de célébration. Dans l'assistance, plus un souffle, sinon celui de la ferveur.Trop de pompe? "Au siècle de l'image, il importe d'en offrir, et de belles !", rétorque le père Zanotti-Sorkine.

"Ceux qui pensent que la messe doit refléter le misérabilisme de la société se trompent." Une belle liturgie dans un beau lieu, et un peu de sacré ne font pas de mal à la prière, pense-t-il. "Que nos offices ne soient pas un pensum où les gens s'ennuient sous une avalanche de paroles ou de chansonnettes insipides!" Avec lui, aucun risque. Ses homélies qui peuvent durer 3comme 25 minutes, "même si on nous recommande de ne pas dépasser les 7 minutes", sont écoutées avec l'attention que l'on porte à un message rare. Pourtant les mots sont simples et les citations parfois cocasses, du Gabin comme du Verlaine.

Dans l'assistance, on prend des notes. "Des paroissiens préparent un site sur lequel toutes mes homélies seront mises en ligne, en avril", annonce-t-il un peu gêné. Sacré personnage! Qui a l'art de vous présenter l'Évangile comme un code de bonne conduite applicable sur cette terre. Et parvient à vous convaincre que si la terre n'est pas le paradis, ce n'est pas l'enfer."

 

Par Dominique Arnoult ( darnoult@laprovence-presse.fr ) http://www.laprovence.com/article/region/marseille-le-cure-qui-multiplie-les-paroissiens

 

 

Ici un site très bien fait :

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